
Diógenes Fonseca Lima est brésilien. Il habite à Lyon, dans le foyer Henri IV qui accueille une quarantaine d’étudiants chaque année. Actuellement responsable de la mission auprès des 18-30 ans dans la zone comprenant la France Sud et la région Rhône-Alpes, il s’engage à vie dans la communauté du Chemin Neuf en tant que célibataire consacré.
Pourquoi t’engages-tu à vie dans la communauté du Chemin Neuf ?
Quand je pense à m’engager à vie, je le vois dans la continuité de mon premier engagement, il y a presque 15 ans. À l’occasion de ce premier engagement, je ne pensais pas faire un test ou un essai. M’engager dans la communauté, c’était déjà m’engager pleinement, surtout avec ce que j’avais laissé derrière moi : mon pays, ma famille, et tout ce que j’avais chez moi. Je m’engageais déjà dans cette perspective du don définitif au Seigneur. Je crois que l’engagement à vie, aujourd’hui, ne fait que rendre publique une décision que je portais déjà dans mon cœur depuis le début, celle de me rendre disponible au Seigneur.
Comment est né ton désir de t’engager ?
Il a commencé par une admiration pour la beauté de cette vie partagée au sein de la communauté : tout mettre en commun, être ensemble pour la mission. Mais ce qui m’a vraiment invité à prendre position et à m’engager résolument, c’est un rêve que j’avais fait lors de la formation à l’Abbaye de Hautecombe. J’avais rêvé d’une vie où je possédais tout ce dont j’avais souhaité. Pourtant, à la fin de ce rêve, j’ai ressenti une sorte d’amertume. Pas l’amertume d’avoir tout ce que je voulais, mais de comprendre que ces choses me conduisaient loin de Dieu. Du coup, je me suis demandé ce qui était important pour moi, quelle direction je voulais donner à ma vie ? C’est ainsi que j’ai pris courage pour demander d’entrer en « Nazareth », qui est un parcours de discernement, de faire le noviciat dans la communauté, pour ordonner ma vie à lui, pour avancer dans la direction où je le retrouvais.
Comment as-tu reçu cet appel ?
Cet appel n’est pas né du jour au lendemain, il s’est construit par ce désir de me donner et ce désir d’une vie partagée. Je me souviens encore, au Brésil, dans la maison paroissiale : il y avait une famille qui habitait là avec ses enfants, ainsi que des frères et sœurs. Je disais à mes amis : « C’est étonnant ce qu’ils vivent, j’ai vraiment envie de vivre en partageant tout comme ça. » Ils me répondaient que c’était bizarre. Mais c’est à ce moment-là que j’ai compris au fond de moi qu’il y aurait un moment dans ma vie où je devrais choisir entre la vie que j’avais et cette vie-là.
Ensuite, en venant en France pour vivre la vie communautaire, suivre la formation et faire le service, j’ai pu vivre ces passages où cet appel s’est confirmé à plusieurs reprises, avec des événements plus concrets et des certitudes plus fortes.
Enfin, pendant la retraite ignatienne des 30 jours en silence, le désir qui est resté dans mon cœur était celui d’une disponibilité intégrale à Son amour. Car j’avais réalisé, au bout du compte, que j’avais d’abord été aimé : mon appel est une réponse à cet amour premier.
Quels sont les aspects de la vie communautaire qui te nourrissent ?
Je crois qu’il y a trois points qui me nourrissent dans mon engagement.
La fraternité d’abord. Le fait d’être avec des frères et sœurs me permet d’être souvent interpelé par l’altérité, quelque chose qui m’appelle en dehors de moi-même, à m’éveiller à l’existence de l’autre. Cela me contrarie et me bouscule, mais cela m’appelle aussi à la vie et m’empêche de m’installer dans mon confort. En même temps, cette fraternité me soutient, marche à mes côtés et me montre souvent la bonne direction.
Le service ensuite. Cette soif de me donner totalement pour annoncer le Seigneur m’a fait grandir en me mettant face à mes limites. C’est aussi devenu un lieu où le Seigneur est venu me rejoindre pour me dire que, dans mes incapacités et mes insécurités, c’est lui qui est mon Dieu, qui me rend capable et qui marche avec moi. Le service est vraiment devenu pour moi un lieu de manifestation de Dieu.
Enfin l’œcuménisme, c’est un point très cohérent avec mon histoire. Lors de ma conversion, la rencontre fondatrice que j’ai vécue a été avec une femme protestante. Elle m’a parlé de Jésus pour la première fois comme d’un Dieu vivant qui venait à ma rencontre là où j’étais, tout en étant capable de dénoncer les fausses routes que je prenais. Quand j’ai rencontré la communauté et ce désir d’évangéliser ensemble avec des frères et sœurs d’autres confessions chrétiennes, j’ai compris que c’était ma place.
Traduit par l’intelligence artificielle