Nouvelles
du Festival au jour le jour...
...mercredi 6 août
Hautecombe 2003, un invité d'Honneur nous parle de
la vie affective !
INTERVIEW de DANIEL ANGE

En ce troisième jour du festival, les jeunes ont l'occasion d'aborder les questions de la vie affective. Daniel Ange, auteur de nombreux ouvrages sur l'Amour, nous parle des questions de l'amour...
Beaucoup
de gens disent que l'Eglise bannit la sexualité, qu'elle rejette la
sexualité…
C'est là une caricature incroyable parce qu'au contraire l'Eglise est
celle qui protège la sexualité contre tout ce qui l'abîme.
L'Eglise est celle qui exalte la splendeur, la beauté de la sexualité.
Notre Saint Père a commencé toutes ses catéchèses
de mercredi de son pontificat pendant 4 ans exclusivement sur le mystère
du corps, du mariage, de la famille et déjà jeune prêtre
en Pologne, il avait choqué pas mal de ses confrères prêtres
à cette époque-là parce qu'il faisait toute une philosophie,
une théologie de la sexualité. Il avait senti en accompagnant
des jeunes amoureux, des jeunes fiancés de l'urgence de donner la lumière
de Dieu dans ce domaine.
Quel
est le message que l'Eglise propose ?
L'Eglise
propose la chasteté, c'est-à-dire la protection de l'amour.
On peut la comparer à la couche d'ozone qui protège notre planète
du soleil. Elle permet au soleil de faire éclore la vie sans tout calciner.
Elle permet au sentiment amoureux de grandir, de mûrir sans violenter
l'autre, sans aller trop vite, en respectant les étapes. C'est toute
une tendresse faite de délicatesse. Ce n'est pas du tout quelque chose
de négatif, au contraire. C'est une valeur extraordinaire qui protège
notre cœur. Et je suis frappé de voir que ce message est souvent bien
reçu parce qu'il rejoint ce que les gens portent au plus profond d'eux-mêmes.
Ils sont tous plus ou moins pris de vertige quand on les met devant les faits
d'une sexualité se retournant contre l'homme : le SIDA, les meurtres
sexuels, le commerce international des enfants… Ce SIDA a contaminé
5 millions de personnes l'année passée, dont 70% par voie sexuelle.
Ca pose des problèmes épouvantables de voir comment ce que Dieu
a donné pour notre bonheur se met à sécréter la
peur, car ce que Dieu a donné pour la vie se met à transmettre
un virus de mort. Les deux véhicules de la vie physique : le sang et
le sperme, peuvent porter un virus de mort ! Ca ne peut pas laisser indifférent…
On a perdu le code de la route de la sexualité. Comme le dit le proverbe
: " Dieu pardonne toujours, l'homme pardonne quelquefois, la nature,
elle, ne pardonne jamais ! " Le SIDA n'est pas un châtiment de
Dieu, c'est un avertissement de la nature, on ne fait pas n'importe quoi avec
n'importe qui.
L'autre jour, une jeune fille de 15 ans à Lyon est tombée dans
mes bras en larmes : elle avait appris la veille qu'elle avait le SIDA. Elle
n'avait eu qu'un seul rapport sexuel dans sa vie avec le fameux préservatif…
Toute sa vie bousillée… Et elle me disait : " Si seulement je
t'avais entendu plus tôt ! " Après ça, on ne peut
plus se taire.

Et
pourtant, ce n'est pas facile la chasteté que vous proposez…
Oui, je dis bien que c'est héroïque aujourd'hui
dans une société érotisée jusqu'à la névrose
obsessionnelle collective. C'est héroïque, et c'est effectivement
impossible à l'homme, mais rien n'est impossible à Dieu, c'est
de l'ordre du miracle et du moment que vous demandez au Seigneur d'intervenir,
Il le fait ! Car c'est son bonheur que nous puissions vivre justement ce mystère
de l'amour dans sa lumière selon son cœur. Il serait un Dieu bien sadique
et cruel s'Il refusait de donner sa grâce à ceux qui la lui demande.
Le Seigneur demande des choses difficiles, mais Il donne toujours la grâce
pour les accomplir. C'est ainsi qu'il y en a toujours qui se consacrent dans
le célibat d'amour pour Dieu, dans le sacerdoce… Là aussi, c'est
de l'ordre de l'impossible, c'est de l'ordre du miracle ! Et je suis émerveillé
de toucher du doigt la puissance du Saint-Esprit aujourd'hui agissant dans
le cœur de ces jeunes.
Père Daniel Ange, vous êtes un grand ami
des jeunes, les questions de vie affective vous intéressent énormément
depuis plusieurs années et là, vous vous sentez un devoir de
vérité sur tout ce qui concerne la sexualité…
Oui,
car il s'agit de sauver l'amour aujourd'hui, et sauver l'amour c'est sauver
la vie. C'est à mon avis la toute première urgence apostolique.
C'est de " flasher " le soleil de Jésus dans ce domaine de
la sexualité qui touche à tout le reste de l'existence humaine,
qui rejoint tous les jeunes quels qu'ils soient, croyants ou non.
Pourtant
c'est toujours le sexe qui fait le sujet des journaux pendant ces mois d'été,
juillet et août…
Pas seulement, les mois de juillet
et d'Août mais tout le temps, il y a une véritable guerre ouverte
contre la beauté de l'Amour, une gigantesque campagne mondiale organisée
par les porno-trafiquants pour pervertir la jeunesse et donc détruire,
dynamiter l'amour du dedans. Tout ce qui relève de la pornographie,
c'est du même ordre que l'industrie des armes, aux Etats-Unis, les deux
font le même chiffre d'affaire, étrange symbole, n'est ce pas
? Un peuple est plus vite détruit par la pornographie que par les chars
et les avions. Si nous ne donnons pas aux jeunes la lumière de Dieu
sur le plus grand et le plus fabuleux des mystères , qu'est celui de
la sexualité, si nous ne donnons pas les anticorps pour résister
à tous ces virus de mort, si nous ne les vaccinons pas contre tout
les dangers, ils risquent d'être complètement emportés
dans la tourmente et d'être auto-détruits.

Clémence,
étudiante, France
"Depuis
quelques temps, toutes les questions autour de la vie affective et de la sexualité
tournaient dans ma tête comme un poisson dans un bocal ! L'intervention
de Daniel-Ange m'a soulagée ! Pouvoir entendre enfin tout haut tout
ce que je portais en moi, c'était comme s'il parlait pour moi. Rien
que les douze balises qu'il a posées pour une vraie relation vécue
dans la chasteté (laisser les sentiments mûrir dans le temps,
respecter la liberté de l'autre, se découvrir dans nos différences…).
L'année dernière, je suis restée pendant cinq mois avec
un garçon. Et je pensais sincèrement qu'il était l'homme
de ma vie… Mais je m'en suis pris plein la figure, ça a été
très dur. J'essayais de gérer toute seule la relation et elle
s'est essoufflée. Mais il y a un des points nommés par Daniel-Ange
que je n'avais pas vécus, je pense, c'est le 12e ! Confier davantage
la relation à Dieu ! "
Patrick,
étudiant, France
" Je suis venu ici
dans l'idée d'être éclairé sur ma vocation, sur
le sens à donner à ma vie. Ca fait longtemps que je porte le
désir de m'engager en politique. Mais je sentais bien en même
temps que pour un chrétien, opter pour cette voie, c'est courir le
risque d'être impopulaire. Et pourtant en écoutant Daniel Ange
dénoncer les mensonges que la société véhicule
sur la sexualité, je me suis rendu compte que la réelle question
à me poser, c'est : est-ce pour toi ou pour les autres que tu t'engages
? L'enseignement de Daniel-Ange m'a communiqué son enthousiasme et
son audace. Il m'a permis de comprendre vraiment que le chrétien n'a
pas le droit de se taire, il doit même être prêt à
mourir pour défendre ses valeurs. J'ai compris que je dois prendre
des risques, Dieu m'attend. "
Evariste,
séminariste, Congo
" A Pointe-Noire,
la sexualité chez les jeunes, c'est plutôt la pagaille. Le mariage
devient très difficile, car c'est presque anormal d'avoir une seule
petite amie ! Autour de moi combien de jeunes sont atteints de MST ! Je me
sens vraiment " un homme de compassion" face à eux. Le Seigneur
met sans cesse sur mon chemin des malades qui viennent se confier à
moi. Je pense notamment à une jeune femme séropositive depuis
cinq ans. Elle refusait de faire les tests, mais ses parents savaient déjà
qu'elle était contaminée. Personne n'osait lui dire. J'ai beaucoup
parlé avec elle, et elle a accepté de recevoir le baptême.
Puis elle est allée faire le test. Ca a été un grand
choc d'apprendre qu'elle portait le virus, mais je suis venue la soutenir…
Comme le dit Daniel Ange, peu de gens ont le courage de dire la vérité,
d'avoir cette honnêteté… Je sens de plus en plus que c'est mon
rôle, en tant que futur prêtre, de soutenir les jeunes, les familles
dans ce combat. "
Hautecombe, le 6 août 2003.
Trois jeunes réagissent...