Paul Couturier
Son rayonnement dans le monde chrétien tient fondamentalement à la qualité de sa prière et à sa dimension de pauvreté
Né
en 1881 à Lyon, Paul Couturier est ordonné prêtre
de la Société S. Irénée en 1906, juste
après la séparation des Eglises et de l'Etat. Licencié
en sciences physiques, il devient professeur au collège
des Chartreux, fonction qu'il assumera jusqu'en 1946. Une retraite
ignatienne au début des années vingt le conduit
à un engagement auprès des réfugiés
russes où il découvre l'orthodoxie. Un séjour
d'un mois au prieuré bénédictin d'Amay sur
Meuse en Belgique (aujourd'hui Chevetogne) constitue la deuxième
étape importante dans la découverte de sa vocation
cuménique, à la suite de laquelle il institue
l'octave de prière pour l'unité. Les premières
rencontres ont lieu chez les surs de l'Adoration réparatrice
au 10 rue Henri IV à Lyon. Dans un article sur "l'universelle
prière des chrétiens pour l'unité chrétienne",
il jette les bases du volet spirituel de l'cuménisme
dont la théologie est développée à
la même époque, c'est-à-dire dans les années
trente, par le Père Congar. En 1936, l'Abbé Couturier
organise à Erlenbach en Suisse la première rencontre
spirituelle interconfessionnelle, qui donnera naissance au "groupe
des Dombes". Deux voyages en Angleterre en 1937 et 1938 compléteront
son ouverture cuménique avec la découverte
de l'anglicanisme. Il aura également des échanges
avec frère Roger Schutz, le fondateur de Taizé.
En 1944, le texte Prière et unité chrétienne
qui deviendra son testament spirituel est achevé. En 1952,
un an avant sa mort, le titre d'archimandrite du patriarcat d'Antioche
lui est attribué en signe de reconnaissance pour son engagement
cuménique. Il meurt à Lyon le 24 mars 1953.
Homme d'une grande simplicité et d'une santé fragile,
vivant dans un dénuement extrême, l'Abbé Couturier
n'eut jamais à sa disposition les moyens matériels
qu'exigeait sa mission mais il sut compter sur la Providence,
notamment pour envoyer dans le monde entier des dizaines de milliers
de tracts et de brochures. "Son rayonnement dans le monde
chrétien tient fondamentalement à la qualité
de sa prière et à sa dimension de pauvreté"
remarque le Père Michalon. Une de ses devises était
le primat de l'amour dans le labeur cuménique. Il
écrivait : "On va de l'Amour à la vérité.
Essayer de faire l'inverse, c'est vouloir planter un arbre à
l'envers. On cueille (...) la vérité sur l'arbre
de la charité".
Klaus-Martin Simon © communauté du Chemin-neuf 2001